Huile de son de riz : quels dangers ?
L’huile de son de riz est souvent présentée comme une huile miracle. Légère, riche en antioxydants, supportant bien la cuisson, elle s’est imposée dans certaines cuisines et commence à faire son chemin dans les rayons des magasins bio ou spécialisés. Elle est vantée pour ses bienfaits cardiovasculaires, sa richesse en vitamine E, et sa composition en acides gras équilibrés. Pourtant, derrière cette image flatteuse se cachent aussi des zones d’ombre. Car comme pour tout produit issu de l’industrie alimentaire, l’huile de son de riz n’est pas exempte de risques.
Une extraction industrielle qui pose question
L’huile de son de riz ne coule pas naturellement comme celle d’olive ou de coco. Elle est extraite à partir de la fine couche située entre l’enveloppe du grain et l’amande de riz, appelée son. Cette partie est riche en nutriments, mais aussi très sensible à l’oxydation. Pour éviter qu’elle ne rancisse trop vite, l’industrie doit agir rapidement après la récolte.
La plupart du temps, l’huile est extraite grâce à un procédé chimique utilisant des solvants, comme l’hexane. Ces résidus sont ensuite éliminés, mais des traces peuvent subsister dans l’huile finale. Bien qu’en quantités considérées comme faibles par les autorités sanitaires, ces résidus chimiques posent tout de même question, notamment en cas de consommation prolongée. Si l’huile n’est pas d’origine contrôlée ou extraite mécaniquement, on ignore souvent la qualité du processus et les éventuels traitements subis avant d’arriver dans nos assiettes.
Des contaminants présents dans certaines productions
Comme beaucoup d’huiles végétales, l’huile de son de riz peut être contaminée par des substances issues de l’environnement. On pense notamment aux métaux lourds, aux résidus de pesticides ou aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces derniers peuvent apparaître lors du processus de raffinage à haute température.
Certaines études ont mis en évidence la présence de ces composés dans des huiles produites dans des pays où les normes de sécurité sont moins strictes. Lorsque ces huiles sont importées en Europe, elles sont parfois contrôlées, mais pas systématiquement. Le consommateur lambda n’a donc aucun moyen de savoir si son huile est exempte de résidus indésirables, sauf à choisir des produits certifiés, avec traçabilité, ce qui est encore rare pour ce type d’huile.
Il est aussi important de rappeler que le riz, notamment en Asie, est parfois cultivé dans des zones polluées ou sur-sollicitées en intrants chimiques. Le son de riz, concentrant une grande partie des éléments absorbés par la plante, peut donc stocker des contaminants qui, une fois transformés en huile, se retrouvent concentrés dans le produit fini.
Un effet œstrogénique encore flou
L’huile de son de riz contient un composé naturel appelé gamma-oryzanol, souvent mis en avant pour ses effets bénéfiques sur le cholestérol. Ce composé a aussi une action connue sur certains récepteurs hormonaux, en particulier ceux liés aux œstrogènes.
Même si les études restent encore limitées, certains chercheurs s’interrogent sur un possible effet hormonal en cas de consommation élevée, notamment chez les personnes sensibles aux perturbateurs endocriniens. Cela concerne en particulier les femmes ayant des antécédents hormonaux (comme certains cancers hormono-dépendants), ou les enfants en période de croissance, chez qui un excès d’apports œstrogéniques peut avoir un impact.
Il ne s’agit pas ici d’un effet avéré, mais d’un sujet qui mérite une attention particulière. Tant que les études restent rares, mieux vaut faire preuve de prudence dans un cadre de consommation quotidienne.
Des risques liés à la surconsommation d’oméga-6
L’huile de son de riz est relativement équilibrée en acides gras, mais elle reste tout de même assez riche en oméga-6. Ces acides gras sont essentiels à l’organisme, mais lorsqu’ils sont présents en excès par rapport aux oméga-3, ils peuvent favoriser les inflammations chroniques.
Le problème ne vient pas uniquement de cette huile, mais du régime alimentaire global. La plupart des régimes occidentaux contiennent déjà trop d’oméga-6, présents dans de nombreuses huiles végétales (tournesol, maïs, pépins de raisin). Ajouter une huile comme celle de son de riz sans ajuster le reste de ses apports peut aggraver ce déséquilibre.
Ce type de déséquilibre est lié à divers troubles de santé : inflammation articulaire, déséquilibres hormonaux, problèmes cardiovasculaires ou cutanés. Il est donc recommandé de varier les sources de matières grasses et de veiller à un bon équilibre global, plutôt que de s’en remettre à une seule huile, quelle qu’elle soit.
Un positionnement marketing parfois trompeur
Beaucoup de marques mettent en avant le caractère “naturel” de l’huile de son de riz. Elle est parfois décrite comme meilleure que l’huile d’olive ou d’autres huiles classiques. Pourtant, peu de consommateurs savent qu’il s’agit d’une huile raffinée, souvent traitée industriellement, et issue d’un sous-produit du riz.
Ce n’est pas un produit noble au sens strict, et il ne faut pas le considérer comme une solution santé miracle. D’autant plus que ses bienfaits sont souvent exagérés, avec des promesses parfois floues sur la réduction du cholestérol ou la perte de poids. Or, aucune huile, à elle seule, ne peut remplacer une alimentation équilibrée ni compenser des excès.
Certaines marques importent des huiles sans aucune certification claire, avec des étiquettes parfois ambiguës sur l’origine, le procédé d’extraction ou la teneur en principes actifs. Le consommateur se retrouve alors face à un produit mal compris, dont l’apparente modernité masque des limites bien réelles.

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