Dry needling : les dangers à connaître

Le dry needling, ou puncture sèche, est une technique utilisée principalement par certains kinésithérapeutes et thérapeutes manuels pour soulager les douleurs musculaires et les tensions. Elle consiste à insérer de fines aiguilles dans des points précis appelés « points gâchettes » afin de provoquer une réaction physiologique censée relâcher le muscle et réduire l’inconfort.
Si cette méthode gagne en popularité, notamment pour les sportifs et les personnes souffrant de douleurs chroniques, elle n’est pas sans risques. Connaître ses dangers permet de prendre une décision éclairée avant de s’y soumettre.
Des effets secondaires fréquents mais bénins
La majorité des effets indésirables liés au dry needling sont légers et temporaires. Après une séance, il n’est pas rare de ressentir une douleur locale ou une sensibilité accrue dans la zone traitée. De petites ecchymoses peuvent apparaître, ainsi qu’une légère raideur musculaire.
Ces réactions sont généralement le signe que le muscle a été stimulé et qu’il entame son processus de récupération. Elles disparaissent en quelques heures ou quelques jours. Boire beaucoup d’eau, pratiquer des étirements doux et éviter un effort intense juste après la séance peut aider à réduire cet inconfort.
Risque d’infection et règles d’hygiène
Comme pour toute technique impliquant la pénétration de la peau, le dry needling comporte un risque d’infection. Bien que faible, ce risque augmente si les aiguilles ne sont pas stériles ou si la désinfection de la peau est insuffisante.
Un praticien formé doit toujours utiliser des aiguilles à usage unique, ouvrir leur emballage devant le patient et nettoyer soigneusement la zone à traiter. Les infections cutanées, bien que rares, peuvent entraîner rougeur, gonflement et douleur persistante, nécessitant parfois un traitement médical. C’est pourquoi il est essentiel de s’assurer du respect strict des protocoles d’hygiène.
Risques liés à la technique ou à l’anatomie
Une mauvaise technique ou une méconnaissance précise de l’anatomie peut conduire à des complications plus sérieuses. Insérer une aiguille trop profondément ou dans une zone mal identifiée peut toucher un nerf, un vaisseau sanguin ou un organe.
Dans les cas extrêmes, notamment lors de traitements proches du thorax, un risque rare mais grave existe : le pneumothorax, causé par une perforation accidentelle de la plèvre. Cela provoque un affaissement partiel du poumon et nécessite une prise en charge médicale immédiate. Ce type d’incident reste exceptionnel lorsque le praticien est formé et expérimenté.

Douleurs ou aggravation temporaire des symptômes
Il arrive que le dry needling entraîne une augmentation temporaire de la douleur ou de la raideur musculaire. Cette réaction, bien que désagréable, est souvent transitoire et liée à la stimulation intense du muscle. Chez certains patients, surtout ceux ayant une sensibilité accrue ou une inflammation importante, cette aggravation peut durer plusieurs jours.
Il est donc important que le praticien évalue l’état général du patient et adapte la technique en conséquence. Une communication claire sur ce risque permet d’éviter les inquiétudes inutiles et de préparer le patient à cette éventualité.
Contre-indications à respecter
Certaines situations rendent le dry needling déconseillé, voire interdit. C’est le cas pour :
- les personnes présentant un trouble de la coagulation ou prenant des anticoagulants,
- les femmes enceintes, notamment durant le premier trimestre,
- les patients souffrant d’infections cutanées dans la zone à traiter,
- les personnes ayant peur ou une intolérance marquée aux aiguilles,
- les patients atteints de certaines maladies neuromusculaires ou immunodéprimés.
Un bon praticien commence toujours par un questionnaire de santé complet pour s’assurer qu’il n’existe pas de contre-indication.
L’importance du choix du praticien
Pour limiter les risques, il est primordial de confier cette technique à un professionnel formé et reconnu. En France, le dry needling n’est pas pratiqué par tous les kinésithérapeutes : il requiert une formation complémentaire spécifique. Le patient doit pouvoir vérifier les qualifications du praticien et s’assurer qu’il possède une expérience suffisante dans la technique.
La confiance et la communication sont également essentielles : un bon professionnel expliquera clairement le déroulement de la séance, les sensations attendues et les précautions à prendre après.
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